Comment faire son DUERP soi-même ?
Pour faire son DUERP, on procède en cinq étapes : découper l'entreprise en unités de travail, inventorier les dangers réels de chaque unité, coter chaque risque (gravité x probabilité), définir des mesures de prévention hiérarchisées, puis formaliser un document daté et versionné. Le DUERP est obligatoire dès 1 salarié (article R.4121-1) et se met à jour ensuite régulièrement.
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Étape 1 : découper l'entreprise en unités de travail
L'unité de travail regroupe des salariés exposés aux mêmes risques, selon un critère géographique (atelier, entrepôt, bureau), de métier (vendeurs, livreurs) ou de fonction. C'est la maille imposée par l'article R.4121-1 : évaluer par unité, pas globalement.
Pour une TPE, trois à cinq unités suffisent en général. Une boulangerie distinguera par exemple le fournil, la boutique et les livraisons. Le télétravail constitue une unité à part entière si des salariés y passent une part significative de leur temps. Un découpage trop fin rend le document illisible, un découpage trop large masque des expositions spécifiques. Bon test : si deux salariés de la même unité ont des risques visiblement différents, il faut scinder.
Étapes 2 et 3 : inventorier les dangers puis coter chaque risque
Pour chaque unité, listez les dangers en observant le travail réel, pas la fiche de poste. Appuyez vous sur les familles de risques recensées par l'INRS : chutes de plain-pied et de hauteur, manutention et TMS, machines et outils, risque chimique, risque routier, bruit, incendie, risques psychosociaux, travail isolé. Interrogez les salariés : ils connaissent les presque-accidents que le dirigeant ne voit jamais.
Cotez ensuite chaque risque sur deux échelles de 1 à 4, gravité du dommage potentiel et probabilité d'occurrence, en tenant compte des protections déjà en place. Le produit donne un score de 1 à 16 qui classe les priorités. Notez la grille utilisée en préambule du document : la méthode compte autant que le résultat.
Étapes 4 et 5 : définir les mesures puis formaliser le document
Chaque risque significatif appelle une mesure, choisie selon les neuf principes généraux de prévention de l'article L.4121-2 : supprimer le danger d'abord, protection collective avant protection individuelle, formation en dernier recours. Chaque action reçoit un responsable, une échéance et un coût estimé : c'est le plan d'action, obligatoire depuis la loi du 2 août 2021 sous forme de liste d'actions (moins de 50 salariés) ou de programme annuel PAPRIPACT (50 salariés et plus).
Formalisez enfin le tout dans un document daté, avec numéro de version, et tenez le à disposition des salariés, du CSE, du médecin du travail et de l'inspection du travail. Chaque version doit rester consultable pendant 40 ans.
Après la rédaction : faire vivre le document
Un DUERP figé perd sa valeur juridique et pratique. La mise à jour est obligatoire au moins une fois par an dans les entreprises d'au moins 11 salariés, et dans toutes les entreprises à chaque aménagement important ou lorsqu'une information nouvelle sur un risque apparaît (article R.4121-2).
Concrètement, bloquez une date annuelle fixe, et déclenchez une révision immédiate après tout accident du travail, toute nouvelle machine, tout déménagement ou toute réorganisation. Suivez l'avancement du plan d'action au fil de l'eau : lors d'un contrôle, la DREETS vérifie autant la réalisation des mesures promises que le document lui-même. Un logiciel comme Duerly automatise les rappels d'échéance et archive chaque version horodatée.
Questions fréquentes
- Ai-je le droit de rédiger mon DUERP moi-même ?
- Oui. Aucune certification n'est exigée et l'employeur peut évaluer les risques lui-même, seul ou avec ses salariés. Il en reste responsable dans tous les cas, même s'il fait appel à un consultant ou à un logiciel pour se faire aider.
- Combien de temps faut-il pour faire un DUERP de TPE ?
- Comptez une à trois journées de travail réparties sur deux à trois semaines : observation des postes, échanges avec les salariés, cotation, rédaction. Un outil guidé réduit ce temps à quelques heures en pré-remplissant les risques types du secteur.
- Dois-je associer mes salariés à l'évaluation ?
- C'est fortement recommandé et c'est l'esprit de la loi : les salariés connaissent les situations dangereuses réelles. Le CSE, obligatoire dès 11 salariés, est consulté sur le DUERP et sur chaque mise à jour. Leur participation renforce aussi l'adhésion aux mesures.
- Quels risques sont le plus souvent oubliés ?
- Les risques psychosociaux (charge de travail, tensions, horaires), le travail isolé, le risque routier des trajets professionnels et le télétravail. Leur absence est un signal négatif classique lors d'un contrôle DREETS, car ils concernent presque toutes les entreprises.